Absence
"quand je me souviens de notre vie passée, dans cette maison...j'entends surtout les voix enfantines...Ils sont à présent partis loin de chez nous et ne reviennent que rarement. je me dis que je n'ai pas su m'émerveiller à temps, ni suffisamment, de la présence d'enfants dans ma vie, d'enfants tout chauds, remuants, bavards et enjoués. je n'ai pas su goûter assez intensément les bons moments du retour de l'école. entendre leurs questions et leurs rires, à table, dans le jardin, en promenade. Enrichir mon regard de leur regard sur les choses.
L'enfance est une énigme trop familière. On croit qu'elle est là pour longtemps, que rien ne presse, mais d'un seul coup son absence devient un vide noir, le manque déchirant d'un organe amputé à vif ."
Je pourrais avoir écrit ça, je le ressens profondément, mais c'est pierre PEJU qui l'a écrit dans LE RIRE DE L'OGRE, un superbe roman de guerre, d'amour, de méditation sur le Mal, sur l'Art et le bonheur. Il a eu le prix FNAC pour ce roman, et le prix INTER 2003 pour LA PETITE CHARTREUSE, adapté au cinéma par J.P. DENIS en février 2005. Oh la la, j'ai encore le moral en berne !! bisous et A+