Poésie

Publié le par jane

Bonjour, toutes et tous, la littérature m'a toujours été d'un grand secours dans mes moment de désarroi. J'y trouve ce que je ressens moi-même; mais infiniment mieux exprimé, bien sûr, c'est une substance qui me nourrit et me garde en relation avec l'humanité. J'ai lu il y a deux ans Le dit de Tiany de François Cheng. Je vous livre 2 ou 3 passages qui m'inspirent aujourd'hui :

P. 22- « J’étais nuage . cette identification à l’élément évanescent me faisait pressentir, une fois de plus, mon destin d’errant, en marge de tout, comme au pied de cette montagne aussi insaisissable qu’inaccessible . je ne serais ni d’ici ni d’ailleurs, pas même peut-être de la terre . Pensant à cela, je sentais remuer en moi un fond de tristesse . »

 

P. 88- « Ah ! le mystère du langage humain ! ceux qui affirment que les cultures sont irréductibles les unes aux autres s’étonnent-ils jamais assez qu’une parole particulière, à partir du lieu d’où elle est issue, arrive tout de même à franchir les entraves et atteigne l’autre bout du monde, pour y être comprise ?..."

 

P. 196- « A Tchongking, je ne retrouvai de ma mère qu’une boîte de cendres . Est-il possible que je ne revoie plus jamais le cher visage marqué par toutes les épreuves et cependant plus que tout apaisant ? Serai-je capable de me rappeler désormais tous les traits de ce visage trop souvent délaissé ces dernières années, occupé que j’étais à courir après ce qui m’interessait, moi ?...

Comme il me serait bon de pouvoir parler une fois encore à ma mère ! Une bonne fois, longuement, infiniment, sans retenue, sans pudeur inutile, comme ça, comme une eau claire qui coule, dire tout ce qui me passe par la tête, par le cœur . la mort même serait douce après . Pourquoi les hommes éprouvent-ils tant de difficulté et de gêne pour parler ? Ils parlent plus dans l’absence que dans la présence . toute une vie de paroles refoulées jusqu’à l’absence suprême, sans rattrapage possible ..."

 

Comme vous voyez, ce n'est pas gaigai, tout ça, mais c'est si vrai que lorsqu'on a perdu des êtres très chers, le premier sentiment qui vous assaille c'est : "...mais pourquoi ne lui ai-je pas parlé ?" On a de ces pudeurs,ou de ces indifférences, (ou simplement de ces paresses ? ) qui vous brisent le coeur quand il est "trop tard".

   Des bisousbisous, pardon pour ce débordement un peu larmoyant, et A+

Publicité
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
J
Coucou ma chère Jane, non pas larmoyante cette poésie, seulement des sentiments cachés, des regrets, certes lorsqu'on perd des êtres chers on a toujours l'impression que quelque chose est passé à côté ! La vie est un mystère.<br /> Je suis heureuse de te retrouver, tardivement mais mon mari est en vacances cette semaine et nous nous voyions si peu que j'en profite, mais, mais.....il faudrait bien que je l'attache au pied de la table parfois ! Sourire !<br /> En réponse à une de tes questions sur mes photos quand je vivais à l'étranger, il va falloir que nous achetions un scanner, car elles sont toutes en diapos.<br /> Tant qu'à mes bolets du jour, c'est à la campagne dans un jardin et je trouve que cette déco est très sympa, elle peut même servir de tabouret .<br /> Bon je te laisse pour l'instant, je repasserais. Je t'embrasse très fort, et j'espère que tu n'es pas trop triste d'avoir laissé tes enfants à l'île ! A +
Répondre