MANDRAGORE
J'ai vu très récemment à la télé le merveilleux film de Guilhermo de TORO
"Le Labyrinthe de Pan".
C'est une sorte de fable fantastique sur le fascisme , sur le Bien et le Mal ,
où les personnages imaginaires (extraordinairement bien représentés, comme le Faune !)
côtoient des personnages plus que réels , historiques ,
et de notre histoire récente , ici la Guerre d'Espagne
Je ne vais pas vous raconter le film , vous l'avez peut-être vu vous aussi
sinon j'espère que vous le verrez car il est saisissant !
Simplement il est question à un moment du film d'une plante que la fillette (l'héroïne du film) doit mettre sous le lit de sa mère , dont la santé est gravement menacée par la naissance d'un enfant qu'elle porte d'un capitaine franquiste particulièrement cruel !
Vous saisissez tous les symboles , il est inutile que je vous fasse un dessin !
Cette plante , qu'elle doit mettre sous le lit de sa mère , doit être immergée dans du lait , et il s'agit d'une MANDRAGORE !
A peine posée sur le lait , la plante se mue en un bébé vivant et vagissant,
et alors j'ai ressenti un malaise terrible , une sorte de peur qui remontait à mon enfance !
Et je me suis souvenu d'un film , certainement de qualité médiocre , que j'avais vu dans ma petite enfance , je crois que le titre était tout simplement
LA MANDRAGORE .
Ce film m'avait épouvantée , et m'avait donné des cauchemars pendant des nuits et des nuits !
Voilà ce qui m'a donné l'idée de retourner me renseigner sue cette plante étrange, qui court dans de nombreuses légendes depuis les temps historiques
Ésotérisme
Cette racine humanisée, « la main de gloire », de nos jours peu courante (un mythe pour beaucoup), source d'envie mais aussi de crainte révérencieuse, fait l'objet, essentiellement au Moyen Âge (de l'Antiquité jusqu'à la Renaissance), d'un culte macabre, d'ailleurs interdit par l'Église.
Les Grecs la nommèrent « plante de Circé la magicienne ». Symbole de fécondité, elle pouvait aussi révéler l'avenir ou rendre riche son propriétaire et lui porter chance. Dans la traduction du Bestiaire d'Oxford (manuscritMoyen Âge), la mandragore serait « l'arbre de la connaissance » dont Adam et Ève mangèrent le fruit. Dans le trentième chapitre de la Genèse, il est fait mention de mandragores (ou pommes d'amour selon les traductions). Léa, la première épouse de Jacob, avait cessé d'enfanter. Ruben, leur fils aîné, rapporte à sa mère des mandragores. Rachel, soeur de Léa, seconde épouse et la préférée de Jacob, demande à sa sœur de les lui donner. Celle-ci n'accepte qu'en échange de passer la nuit avec Jacob, ce à quoi Rachel consent. Léa concevra cette nuit-là et donnera plus tard naissance à Issacar en disant: "Dieu m'a donné mon salaire" (Genèse 30:14-18). du
Les précautions lors de la cueillette sont classiquement énoncées dans les écrits de Paracelse (1493-1541) dont il existe diverses variantes décrites, mais figurent dans des manuscrits plus anciens, tels que ceux de Josèphe (37 à 90) ou Théophraste. Pour se procurer la racine de mandragore si dangereuse, il fallait des rituels magiques. Celui qui arrache la mandragore sans précaution, s'il ne devient pas fou en entendant les hurlements de la plante, sera poursuivi par sa malédiction...
Selon les divers écrits décrivant les rituels, on sait qu'ils se déroulaient les nuits de pleine lune. Les mandragores qui poussaient au pied des gibets étaient très prisées car on les disait fécondées par le spermesupplice ou les restes de crémation faisaient aussi parfaitement l'affaire. Des « prêtres » traçaient avec un poignard rituel trois cercles autour de la mandragore et creusaient ensuite pour dégager la racine, le cérémonial étant accompagné de prières et litanies. Une jeune fille était placée à côté de la plante pour lui tenir compagnie. On passait également une corde autour de la racine et on attachait l'autre extrémité au cou d'un chien noir affamé que l'on excitait au son du cor. Les prêtres appelaient alors au loin le chien pour qu'en tirant sur la corde il arrache la plante. La plante émettait lors de l'arrachage un cri d'agonie insoutenable, tuant l'animal et l'homme non éloigné aux oreilles non bouchées de cire. La racine devenait magique après lavage, macération et maturation en linceul ; elle représentait l'ébauche de l'homme, « petit homme planté » ou homonculus. Ainsi choyée, elle restait éternellement fidèle à son maître et procurait à son possesseur, prospérité prodigieuse, abondance de biens, et fécondité. Elle était vendue très chère en raison du risque à la cueillette, et ce d'autant plus que la forme était humaine, de préférence sexuée par la présence de touffes judicieusement disposées.
La Mandragore est aussi utilisée dans certaines formes de Vaudou.
EH oui , pour moi , ce fut vraiment le coup de la madeleine de Proust , car il y avait belle lurette que je n'avais plus pensé à la Mandragore !
Ciao